Photo de Pierre Falardeau et Jules Falardeau.

Ça va faire dix ans que mon père nous a quittés...

Il y a tant de choses à dire. C’est drôle parce que quand on vient m’en parler, c’est souvent pour me raconter une anecdote. La fois où telle ou telle personne l’a croisé. À quel point il l’a marquée, par sa gentillesse ou par un conseil un peu brutal, peu importe, ça reste en mémoire.

Il y a deux ou trois ans, un jeune cinéaste m’a raconté l’avoir approché à un moment donné : «J’aimerais ça, faire du cinéma politique. Auriez-vous un conseil ?» Mon père a réfléchi brièvement avant de répondre : «Ouais… Habitue-toi au goût du beurre de pinotte.» Ça m’a jeté par terre. Tant de poésie et d’intelligence dans cette phrase, qui laisse transparaître aussi son sens de l’humour redoutable. En plus, quand on connaît la manière dont fonctionne le cinéma québécois, cette phrase nous frappe. «On ne fait pas les films qu’on devrait faire», disait-il aussi au grand critique Georges Privet.

Par Jules Falardeau

Photos : Manon Leriche

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